Graines de Noël (1/4)

Graines de Noël (1/4)

On peut enfin ne pas être toujours d’accord, et c’est sain de vouloir réfléchir par soi-même, cela nous permet de travailler ce qu’il y a à améliorer, dans le discernement de ce que l’on constate pour repositionner…

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Graines de Noël (1/4)

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*(« Graines de Noël » raconte la saison de l’hiver, il est le 1er écrit de quatre textes qui se suivent, dans une série qui se nome : « Les quatre saisons de la communication« . Le second texte s’intitule : « L’éclosion de l’oeuf » qui symbolise le printemps. Le troisième qui nous parle de l’été, est : « Soleil au zénith« . Et le dernier pour l’automne, le quatrième, il s’appelle :   »Voltiges vers le centre de la terre« .)

 

Juste après le solstice de l’hiver, juste après l’automne où les nuits se rallongent en un velours bleu étoilé, arrive Noël au manteau blanc de neige, dans nos esprits qui aspirent à la pureté. La magie de la nature nourrit tous les contes qui symbolisent cette période, en cette saison froide où l’on y voit des feux de cheminées, les lumières des bougies, et les parfums des sapins, ces arbres majestueux qui s’étirent vers le ciel et qui restent d’un vert immortel en hiver.

Une nouvelle étape commence, dans l’horloge de la nature, pile au moment où les nuits sont les plus longues, et là où les journées commencent à rallonger. Nuits d’argent au gel scintillant. Soleil levant dans sa lumière éclatante. Couchers de soleil et aubes croisent les couleurs orange vif et fushia, pour des journées au visage pâle d’hiver si vivifiant. On se ressource, on se pose, on écoute… Intériorisation et recueillement. Les nuits forment ces paysages chaleureux où l’on entend l’humanité des pays froids respirer sous ses chaudes couvertures, avec ses petits cœurs aux étoiles qui portent les rêves des enfants pour l’avenir de la vie. Les animaux se sont rapprochés des enfants pour prendre la parole, avec des contes merveilleux et mystérieux.

L’hiver a pour fonction la transformation, comme le font les graines sous la terre. En cette saison l’évènement le plus important des occidentaux reste la fête de Noël, c’est donc sur celle-ci que repose essentiellement cet écrit. Cependant l’hiver nous apporte des circonstances favorables à notre transformation personnelle. Durant celui-ci de nombreuses sociétés ont une symbolique riche qui correspond à notre histoire humaine. Par exemple, chez les bouddhistes cette période prépare au nouvel an, par une phase nécessaire qui concerne essentiellement les bilans et la purification de notre année passée. Chez les Incas : « Inti Raymi, la fête du soleil (en langue quechua : Inti–Soleil et Raymi–fête ou cérémonie), est à l’origine, une cérémonie religieuse inca en l’honneur de l’Inti, père soleil. Il marque le solstice d’hiver dans les pays andins de l’hémisphère Sud. Le centre de la cérémonie est la forteresse de Sacsayhuamán (à deux km de la ville de Cusco), le 24 juin de chaque année. » Source Wikipédia. Les Slaves ont, comme les peuples de l’Europe occidentale au moyen âge, gardé leurs anciennes fêtes. Celles-ci étaient données selon l’ordre des saisons et le cours de la vie végétale. Au solstice d’hiver (ou au 24 décembre) la fête de Koliada, était une fête pacifique avec la distribution d’étrennes. Dans le Judaisme La fête des lumières (Hanoukka) était célébrée au solstice d’hiver. En Afrique les gens célèbrent le solstice d’hiver, et autrefois il était imposé de prendre un temps de repos sur plusieurs jours. En Europe l’origine de la bûche de Noël remonte à un rite païen lié à la célébration du solstice d’hiver. Les traditions chrétiennes ont remplacé cette tradition des feux de joie de la fête du solstice d’hiver. La coutume de la placer dans l’âtre familial s’est poursuivie jusqu’à la fin du XIXe siècle. L’hiver durant les siècles passés a préservé de longs moments où l’on travaillait chez soi en fabricant des objets, des tissages, des bijoux, des vêtements, etc.

Cela représente encore au présent une vie axée sur l’intérieur du foyer où l’humain transforme certaines matières pour créer ce dont il a besoin. Entre la chaleur du foyer et l’air dynamisant, se mêlent les joies des temps pour soi et les douceurs. Les promenades en se rapprochant des forêts ; les pensées qui s’ouvrent au temps d’une pause en s’inspirant d’un nouvel environnement rafraîchis et naturel. Le froid souvent nous rappelle notre nécessité de repos. Nos corps plus fragiles aux microbes font souvent un point retours à la case départ du cycle, pour récupérer des rhumes et angines, en nous ramenant à l’essentiel, en nous obligeant à être à l’écoute de nos besoins. Après l’automne il faut continuer en hiver à alimenter notre vie par des centres d’intérêts où nous trouvons de la curiosité et de l’avantage à nous amuser avec nous-même. Ainsi on peut essayer d’éviter la déprime. La baisse de l’intensité lumineuse agit sur notre moral, de ce fait c’est à nous d’éclairer notre vie par ce qui vient de notre fort intérieur, pour nous transformer en cette saison, en étant notre meilleur ami(e) pour nous-même. S’amuser de ce que nous offre la nature en cette saison, ravive notre âme d’enfant qui souvent se sent esseulée dans un certain oubli où les « il faut que » ont pris le dessus. Ceux-ci peuvent être à leur tours innovés de par nos choix et notre manière de les effectuer, en prenant du recul et de l’amusement pour notre quotidien. Nous pouvons rebondir sur notre transformation intérieur en hiver, en exploitant nos aspirations et nos ressources personnelles originales. Aussi, si nous restons vigilant sur nos sources nutritionnelles, nous aurons une meilleur dynamique.

A Noël, on fête cette transformation de la nature qui sort de la nuit pour aller vers la lumière.

Nous y sommes très sensibles, car l’humain trouve difficile lorsque le soleil se fait moins présent ; il a besoin de lumière, et il a peur de l’ombre, qui représente ses peurs, mais aussi la mort, l’automne, la baisse de l’énergie, les feuilles qui tombent des arbres, la nature à nue.

Noël est la fête de la lumière et de la vie. C’est une période où l’on est heureux d’être avec les autres humains, et vivants. Pareils à la nature, où les graines se sèment pour germer sous la terre en attendant le printemps, nous semons avec notre cœur, avec nos actes, et nos partages.

Lorsque nous regardons à l’intérieur de nous-mêmes avec la lumière de notre cœur, nous voyons des choses positives et des choses difficiles. En faisant ce travail d’intériorisation et d’introspection avec la flamme de notre cœur, on s’aperçoit que c’est un travail dont on n’a pas l’habitude. Mais plus on regarde à l’intérieur de soi en éclairant avec la lampe à huile de notre cœur, et plus on sent une chaleur douce s’installer, et plus on constate que la lumière grandit.

Dans cette période des bilans de l’année qui vient de s’écouler, en apprend à ne pas se mentir à soi-même, et on regarde ce que nous avons à améliorer, pour s’auto-responsabiliser. Il ne s’agit pas de s’auto-punir, mais de regarder ses points faibles, pour renforcer ce qui doit devenir meilleur, et pour se régénérer. Pas de jugement sur soi même, ni sur les autres. Lâcher les colères, les douleurs, les tristesses, en les transformant vers du positif. Cela se fait par plusieurs techniques et petits exercices. Il y a la résilience, oui, il y a aussi l’empathie, avec la capacité de se mettre à la place de l’autre pour élargir son regard. Il y a aussi la relativité, car trop souvent on a tendance à dramatiser. On peut aussi se demander à quoi nous renvoie nos difficultés. Mais des fois, il est préférable de lâcher prise et de cesser de couper les cheveux en quatre. On peut s’offrir un moment à l’écoute de son propre cœur pour un concert de silence.

Alors, même si c’est difficile, on peut essayer de transformer notre colère qui nous brûle par une nouvelle manière de penser, une nouvelle façon de voir les choses, en cherchant quelque chose que l’on n’a jamais connu, et de sentir ce qui monte de notre cœur, et ce qu’il nous inspire. On aspire à transformer le difficile en positif. Mais comme c’est assez délicat, on peut aussi relâcher en regardant ce que nous avons d’heureux dans notre vie, et là où est notre chance, car bien souvent on ne le voit pas assez. Nous avons aussi les précieux cadeaux de la vie qui nous émeuvent, ou qui nous suscitent un vrai merci sincère à la vie.

Lorsque l’on mesure mieux la chance que l’on a, on reconnaît mieux qui l’on est et ce que l’on a, et l’on est obligé de voir que d’autres n’ont pas cela. C’est une sorte d’auto-reconnaissance de soi qui permet de reconnaître et de respecter la vie des autres. Il en découle en général moins de colère envers les autres.

A partir de là, les griefs à l’égard des autres perdent de l’importance, on cherche l’essentiel, et parfois on arrive même à mieux comprendre leurs fonctionnements. Comprendre ne signifie pas tout accepter, mais comprendre aide à relâcher et relativiser. Aimer ne signifie pas tout accepter, mais aimer fait vivre, et c’est porteur de vie. Aimer c’est se positionner pour essayer d’être juste devant la vie. Et être juste, c’est parfois être sévère. Il y a un équilibre à trouver, et tellement de situations et d’individus différents que je ne vais pas approfondir cette partie dans cet écrit, car je ne souhaite pas stigmatiser. Je veux juste aborder la notion d’équilibre qui résulte en chacun de nos positionnements. Car on a tendance en tant qu’humains à osciller entre l’intolérance, et trop d’indulgence. Mais il est indispensable de l’expérimenter pour trouver son juste équilibre, avec la tête ni trop haute, ni trop basse. L’humilité n’est pas dans le fait de tout accepter. Et l’honneur n’est pas dans le rejet de tout. Les repas de famille au moment des fêtes de Noël demandent un travail en ce sens, sur soi-même et dans sa relation aux autres.

Noël demande ce don d’amour. L’amour accroît la lucidité par la lumière symbolique du cœur. On est tous plus ou moins en manque de lucidité, mais on peut travailler la lucidité, en regardant avec amour ce qui va et ce qui ne va pas, d’abord chez soi, ensuite chez les autres, et non pas l’inverse. Car c’est lorsque nous regardons en nous-mêmes avec amour que nous apprenons à regarder chez les autres avec amour. Cela engendre le respect, les distinctions, la compréhension, le respect, la douceur.

On peut enfin ne pas être toujours d’accord, et c’est sain de vouloir réfléchir par soi-même, cela nous permet de travailler ce qu’il y a à améliorer, dans le discernement de ce que l’on constate pour repositionner. Là où nous avons des peurs, des incompréhensions, des souffrances, des dualités, nous pouvons y mettre tellement d’amour, que la lumière se fait et grandit. Un soleil sort de l’océan des neiges pour nous réchauffer et sécher nos larmes. Ses rayons caressent notre colère et nos pensées dualistes, qui s’évaporent. Lorsqu’on change de regard sur la vie, notre vie change de couleur et de motivation. C’est les carillons de Noël en fête, avec les cloches qui sonnent notre découverte.

Ainsi, on ne sait jamais tout, mais on l’accepte. On apprend à vivre avec soi et les autres, et l’on apprend à communiquer. Ces exercices sont très difficiles au début, mais petit à petit les efforts sont moins difficiles, on y prend goût, et le calme grandit en nous. C’est comme faire son premier feu de cheminée. On se brûle, on le fait trop petit, il démarre difficilement, puis il devient trop grand, il s’enflamme, il faut trouver l’équilibre entre la braise, le bois et les flammes. Le feu de cheminée commence par énerver parfois, mais il est porteur de chaleur, de lumière, il nettoie et purifie, il nourrit si on cuit des aliments qu’il transforme… Il transforme, chauffe, éclaire…

Sirop de miel, guirlandes de bonbons, plumes d’oiseaux, claquements des mains, les histoires se déroulent tel un parchemin historique dans chaque foyer.

On célèbre pleinement, sans artifice, la fête de la lumière du cœur au moment de Noël. On termine l’automne dans un autre état d’esprit, et l’on commence l’hiver par l’acceptation de la vie et de ne pas en avoir son contrôle, en sautant vers le nouvel an et nos nouvelles résolutions, pour rattraper les rois mages, en montant des licornes guidées par la magie de notre volonté déterminée. Avec la satisfaction de vivre, en tant qu’individu, et relié aux autres… Réglés à l’horloge de la nature depuis tous les temps des temps, nous avons des corps en forme d’étoiles.

La lumière intérieure s’intensifie avec l’exercice de notre conscience qui s’active pour trouver la paix, le don altruiste, et cette notion d’être relié à la vie, à nos familles, à cette grande famille l’humanité, à la nature, et à tout ce qui vit. Des boules colorées dessinent les cercles des cycles…

Noël est une fête qui nous fait ressentir la joie d’être vivant et d’être tous ensemble, à l’aube de ce nouveau cycle pour une nouvelle année, et la certitude de voir venir le printemps avec son abondance de végétation angélique et de lumière qui féconde la terre vers un été propice à venir.

C’est là que se situe la plus grande richesse, dans la conscience du cœur, éclairé par notre amour de la vie. C’est cela qui se partage, avec des cadeaux qui symbolisent cet amour pour tout ce qui vit, et pour nos proches. On partage le bonheur de s’aimer, de se remercier d’être présents dans la vie et dans la qualité des échanges. On remercie en offrant un sourire, du chocolat qui réchauffe l’affectif et les papilles, et par plein de petits gestes simples et des cadeaux qui ont essentiellement la valeur des bonnes intentions et de l’amour donné, qui sont bien plus importants que la valeur matérielle. On formule un vœu communautaire extraordinaire, un vœu de bonheur et d’amélioration pour toute l’humanité.

Noël c’est aussi le moment où l’on pense à ceux qui souffrent et à ceux qui n’ont rien. Dans nos pays froids, les plus pauvres souffrent du manque de nourriture et d’abris chauds, et dans le monde entier il existe des gens qui n’ont rien ou presque rien, et des gens qui souffrent de toutes sortes de maux et de difficultés rencontrées dans la vie. Il y a vraiment cette importance de compassion, sans jugement, pour donner à l’échelle de ce que l’on peut, au moins avec la sincérité de notre cœur. Donner aux autres, au minimum une pensée profonde d’amour. Cette célébration de la générosité se fait aussi sous d’autres formes à d’autres moments de l’année, et donner avec son cœur sans jugement, c’est aussi, donner l’exemple pour que ceux qui n’y arrivent pas et qui sont prisonniers des rancœurs, afin qu’ils apprennent qu’elle est possible. Ces personnes ont souvent la particularité de traiter les autres d’intolérants, mais pourtant elles n’arrivent pas à pardonner, ni à elles-mêmes ni aux autres, et cela les fait terriblement souffrir. Un peu de vert pour apaiser et guérir, du rouge pour la vie, et du blanc de la lumière pour transformer… Trois couleurs de Noël qui enchantent nos enfances depuis des siècles… Trois chuchotements chatoyants pour nos yeux heureux.

Alors, des fêtes de Noël célébrées avec beaucoup de guirlandes et décors synthétiques feront des décors qui ne serviront à rien si on n’y met pas la lumière de notre amour. Des montagnes de cadeaux coûteux ne remplaceront pas la nourriture du cœur, si l’on y voit seulement la valeur financière et non la valeur affective. On ne m’a pas acheté, non, on m’a offert… Amour gratis…

Les grands repas qui ont un certain prix, et les alcools y compris, ne donneront pas plus d’intelligence au cœur, s’ils ne sont pas en harmonie avec l’âme humaine, et si les médisances ne sont pas lavées. Les richesses sont utiles pour partager et pour réparer, pour décorer les mystères des fêtes, mais pas pour oublier dans les illusions. Trop de matérialisme sans conscience, détruit l’imaginaire et accroît la misère affective. Les plus grandes richesses sont celles du cœur… Le sapin touche l’étoile… L’humain participe aux merveilles de la vie lorsqu’il le décide… A cet instant, on aperçoit un bonhomme de neige sourire, complice de votre bonheur…

Toute l’année les pancartes affichent les colères, les revendications sociales, et pourtant, pour les fêtes, qui réfléchit à comment et pour qui, il a envie de donner son argent, sa force participative ? Où vais-je faire mes courses ? Où trouver mes cadeaux ? Nous sommes tous responsables de notre vie, et de la société dans laquelle nous vivons. Il ne suffit pas de revendiquer, mais il est indispensable d’apporter des solutions et des actes qui se positionnent. Qui construisent. On ne peut pas revendiquer la destruction de quelque chose que l’on convoite, par exemple, ce qu’ont fait les paysans avec la royauté. Enfin on peut, mais les résultats feront qu’il y aura toujours des problèmes de partage des richesses. On peut aussi critiquer le gouvernement et le capitalisme, mais si on en est dépendant pour avoir le sentiment de passer un bon Noël, on reste dans une dualité qui n’a pas d’issue. On peut critiquer car c’est très facile, mais on peut aussi choisir à quoi on souhaite contribuer, donner son argent, donner de la force. Noël est un des moments cruciaux de l’année pour se positionner dans ses modes de consommations alimentaire, matérielle, et relationnelle. L’alcool chaque année est une destruction de l’esprit de Noël, et apporte des gains considérables aux grandes lignes des finances, qui ont un impact certain au niveau politique. Que choisir ? Les magasins brillent de lumières électriques, et les sentiments font-ils bon ménage avec le portefeuille ?

Le divertissement a le parfum du bonheur, la grâce de la simplicité, les décors naturels qui subliment chaque regard. La magie de Noël, ce sont les sentiments qui s’enflamment pour des sapins nus dans la neige. Pour des rues aux sapins décorés de papiers et de fleurs, sans électricité. Pour des maisons où les bougies réchauffent l’atmosphère et des cheminées qui ronronnent. Des effluves d’encens ouvrent l’essence de l’âme. Les mystères des papiers enrobent des trésors offerts avec gentillesse. Les éclats des sourires généreux pétillent de vie. On peut fêter Noël avec cette immense richesse de l’amour et de la joie, en toute simplicité sincère, même sans cadeau et sans alcool, sans bûche et sans dinde. Le plus important, vous savez où il est… Dans votre conscience. Pas dans l’apparence ni dans des choses qui rendent malade.

J’ai souvent passé Noël seule, durant plus de vingt ans, ou à deux ou trois personnes, car je voulais vivre cette expérience, alors que rien ne m’y obligeait. Je me suis efforcée d’y réfléchir et d’allumer ma lanterne intérieure. Une bonne soupe, des bougies, des petits gâteaux maison, des branches de sapin, des bouquets de fougères, du houx, des oranges, des pommes de pin, de la musique ou des improvisations musicales et des chansons, de la marche à pied en montagne ou en bord de mer. Uniquement des choses naturelles que l’on fabrique et que l’on va chercher dehors dans la campagne. Cela m’a beaucoup appris sur moi-même et sur les autres. J’en garde une saveur inoubliable, si bien que j’ai instauré un petit Noël assez sobre et convivial à la maison, dont je n’ai pas envie de me défaire. Car de ce moment privilégié, calme et presque méditatif, dans l’action des paroles, et la joie de la convivialité, il ressort une atmosphère magique, un sentiment profond. La saveur essentielle de ce moment, a une vibration qui vient de la simplicité où le cœur s’ouvre au présent avec la gentillesse de l’âme de l’enfant intérieur.

Noël c’est aussi la fête des enfants. On le retrouve par le symbole religieux de l’enfant Jésus. Et par la joie des adultes à regarder cette force de vie, honorée symboliquement par les cadeaux qu’ils font aux enfants, et à leurs enfants. Inconsciemment ils leur rappellent la notion des bilans en fin d’année, par cette idée d’être sage, pour mériter leur cadeau. Il y a là une transmission ancestrale de l’humain qui a toujours vécu proche et dépendant de la nature. Chevaux à bascule, sacs de billes, clown en bois, poupée de chiffon… Rêves prenant forme en s’incarnant dans des jouets… Livres aux découvertes du tour du monde en 80 jours… Instruction et jeux se mêlent au décor, où l’on voit des destins grandir dans les maisons… Et des microscopes, des micro-mondes, avec des étoiles de Noël dans chaque flocon de neige…

Cela s’est dégénéré avec l’accroissement des sociétés industrielles, où les enfants et les adultes ne vivent plus dans ces notions de dépendance et d’interdépendance avec la nature, dans les villages comme dans les villes. Le confort mal utilisé cache cette conscience, tel un manteau de lumière artificielle cachant la voie lactée. Celui-ci ne sert pas suffisamment l’amélioration de la qualité de la vie et de la santé. Il dessert trop souvent la valeur de la vie. Ainsi nous avons beaucoup d’enfants en manque d’affection, mais couverts de cadeaux. Il n’est pas question de déborder d’actes affectueux, il est question de conscience affective dans le don affectif, y compris lors de l’acte du cadeau.

Le charme de Noël, c’est l’atmosphère… Le parfum des bougies chaudes, l’union entre les mystères de la belle vie et la réalité de la boîte à soleil qui fait rêver les petits et les grands… Les chants des oiseaux, la luge sur la neige, les cadeaux surprises en guise de sucre d’orge et le parfum des personnages en pain d’épices qui racontent une histoire…

Bien des parents compensent leur incapacité à donner, parce qu’ils ne savent pas comment faire, par un besoin de sur-couver leurs enfants en donnant beaucoup matériellement. C’est aussi pour les parents un moyen de combler leur vie, pour ne pas sentir qu’ils ont à remplir leur vie par eux-mêmes et non par leurs enfants. On ne peut pas le leur reprocher, ni les juger. S’ils agissent ainsi, c’est qu’ils n’ont pas appris à faire autrement. On peut ainsi parfois remonter à plusieurs générations en arrière, où il n’y a pas eu cette transmission où les maillons ont été coupés par le développement industriel. L’important c’est d’en prendre conscience, et de chercher des solutions, car il y a toujours une solution. L’inspiration vient en écoutant notre cœur… Faire participer les enfants aux préparatifs et aux cadeaux qu’ils confectionnent eux-mêmes, afin qu’ils apprennent à faire des efforts et à donner avec créativité les responsabilises ; leur apprendre à écrire des lettres et à faire des dessins pour les autres, et à dire merci, contribue à l’apprentissage des partages… Ne pas les couvrir de cadeaux matérialistes… Éteindre la télévision… Leur éviter de confondre l’univers des adultes et le leur…

Un bouquet de fleurs, des ballons en arc en ciel… La galette offerte aux rois mages pour les remercier de leurs cadeaux d’amour… Entretenir les symboles sans se les approprier, juste leur redonner vie…

Les enfants ont besoin pour se fortifier que l’on teste leur motivation, et de prouver qu’eux-aussi sont capables de faire des choses, de mériter les cadeaux, et qu’ils sont capables de franchir peu à peu les étapes, tout cela prouve qu’ils grandissent. C’est leur apprendre à valoriser ce qu’ils font, à grandir, à surmonter les épreuves, mais aussi à donner, à échanger, à recevoir, à être satisfaits d’eux-mêmes et de leur vie, dans une estime et un respect réciproques entre eux et leurs proches, où la confiance se construit. Alors l’hiver nous permet à tous(tes) de planter des bonnes graines !

C’est leur apprendre que la vie est un mouvement infini, où jamais rien n’est défini et stable, et qu’être fort, c’est se donner la capacité à inventer des solutions à toutes les situations. Les enfants ont besoin de structures et de repères, certes, mais la vie leur apprend, par exemple avec la perte d’un être cher, et bien d’autres choses, que la vie est un assemblage de mouvements permanents. Si nous voulons les protéger de tout avec une forme de surabondance, ou au contraire les priver avec une forme d’austérité: l’un comme l’autre amène l’enfant à une forme de passivité face aux évènements. Alors que nous pouvons leur transmettre les règles de responsabilité et d’innovation dans une certaine forme d’équilibre, où l’on n’est pas dans un contrôle absolu, mais dans un rôle éducatif qui transmet, entre la réalité et les mystère de la vie, une règle du milieu et de l’équilibre. Des encouragements, une estime. Pour qu’ils aient une base solide, pour le jour où ils se lanceront dans la vie. Les gâteaux des enfants, sont souvent de toutes les formes et de toutes les couleurs surprenantes de l’imaginaire… Leur regard sur la vie nous étonne, et nous apprenons nous aussi avec eux.

Où qu’ils soient sur terre ils adoptent nos rêves et les font toujours grandir un peu plus, avec ce don d’amour face à la vie, cet instinct de survie. Ils dessinent leur père Noël…

Ce qui s’apprend dès l’enfance, est ensuite bien plus facile à faire une fois que l’on est un adulte. Une chanson pour une grenouille, l’exploit d’un verre de terre, applaudissements, un éclat de rire pour le vol d’une hirondelle…

Ces choses là se transmettent aussi à Noël, avec les contes, avec la magie de l’hiver. Ainsi, ils peuvent commencer à apprendre à utiliser et à construire leur conscience, en révélant leur personnalité qui leur est propre.

Le grand symbole de Noël c’est le père Noël, avec sa grande générosité, tel le grand-père de l’humanité qui autrefois s’est appelé: Saint Nicolas, Santa Clos, Santa Klaes, et Sanat Kumara. Tel le seigneur du monde qui garde les portes des ténèbres, afin qu’elles ne puissent pas nuire. Il est le grand-père bienveillant sur l’humanité, pour lui dispenser ses cadeaux. A chaque Noël les enfants et les grands, honorent la mémoire symbolique de la générosité et de la compassion en offrant des cadeaux.

Les graines de Noël sont plantées, nourries avec nos actes, avec l’énergie du tissus de notre vie et de nos relations aux autres, dans la lumière du solstice d’hiver, et il reste à en prendre soin, en n’oubliant pas d’où nous venons et qui nous sommes… en pensant à arroser nos graines en douceur avec paix et force, jusqu’au printemps.

Auteur Aurelia Dreulma – Tara Sol

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