La claque de la Face B

La claque de la Face B

Quelque chose, quelque part… a sérieusement déconné sur Facebook…

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La claque de la Face B

de Aurélia Dreulma - Tara Sol est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.
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« Le sandwich laisse des miettes sur la table, et je me sens lourd de fatigue. Une boisson, je clique sur celle que j’aime, afin de montrer aux autres ce qui me représente sur Facebook. Je me lâche sur mon ordi x heures par jour, pour sortir du train-train quotidien, en rentrant dans le mur de la cellule B… d’où qu’on se tourne, on trouve un mur. Cela permet de passer le temps, de découvrir des trucs marrants, et de partager. »

« On voit de tout sur Facebook, il y a vraiment des gens complètements cinglés. Cette petite société est un lieu de rencontre qui me laisse des fois perplexe. Il y a des gens qui se prennent la tête entre eux, ils s’engueulent. Il y en a d’autres qui prennent la mouche pour un rien. Moi je suis un mec peinard, je ne me mêle pas de leurs histoires, j’ai beaucoup d’amis, et je suis heureux de voir que je peux leur faire du bien avec un mot sympa, ou une zik que je partage. »

« Je clique que j’aime, j’ai la gâchette facile, et le déclic du hic sur face B. Clic, clic, rapide et docile. Je joue avec mes clic clac. Partage des liens pour montrer ce que j’aime en vrac, cela fait bien, c’est à la mode du clic sur la page, et prends tes claques. Des amis virtuels j’en ai plein, et ça me fait du bien pour palier cet écran docile, lisse, froid, où je me glisse, éternel, dans un clic que j’aime. Tous ensemble autour d’un clavier, on clique dans une atmosphère de communion autour de citations qu’on n’applique jamais. J’existe en montrant aux autres ce que j’aime sur face B, en négociant les marques et politiques à qui j’ai envie de donner mon soutien. « Nu-t’es-là » a encore gagné du sucre sur notre santé, et je vois toujours des traîtres qui cliquent sur Marine La Peine et Nicolas Sarkofage. »

« J’ai pas eu le temps de regarder, et ça c’est la face A. Je clique que j’aime, pour faire plaisir aux copines et copains, mais j’ai rien vu, le flot d’informations et d’images me donnent le trop plein. Je zippe et zappe. La souris contente ces gens en leur donnant un peu de mon temps, un peu d’espoir. J’essaye d’être dans le mouvement. Depuis Facebook, je ne sais plus vivre en société, je vis sur mon écran, à cran, addicte. Lorsque mon ordi est en panne, j’ai le gosier qui me serre les nerfs. Comme un fou je débranche et rebranche tous les câbles. Je soupçonne ma femme, jalouse. Je gueule et m’énerve, jusqu’à ce que la connexion reprenne. Là, tout d’un coup c’est le calme, ce mur retrouvé me rassure, je retrouve mon univers et mes photos que j’étiquette patiemment, alors je peux reprendre les activités face au mur… »

Sur la face B, comme sur la face A, les gens vivent généralement hors du monde, comme sur un navire qui fait le tour de la planète avec sa micro-société fermée de l’intérieur. C’est la secte du virtuel qui ne communique pas avec l’extérieur. Tout le monde peut fausser son identité, son âge, ses propos, sans se confronter aux réactions des autres dans la réalité. Le virtuel s’est implanté telle une drogue, en se faisant passer pour indispensable.

Face B c’est presque une insulte aux prisonniers, c’est l’apologie de l’enferment. Certains diront que cela dépend de ce que l’on en fait, et que pour ceux qui sont enfermés c’est un moyen de sortir de leur prison, maladie, solitude… Le conditionnement qu’ils subissent inconsciemment par le petit mur sans couleur, leur échappe. Le sentiment d’être « regardé » des autres, accentue le sentiment « d’exister ». La personne peut pianoter sur le clavier au travail pour faire une pause sur le navire de la face B, comme une pause « échappatoire » en parallèle à un monde où elle ne se sent pas épanouie. La personne peut se sentir importante en défendant des causes dont elle a besoin pour se sentir actrice dans le monde. Certaines personnes ont même besoin du malheur des autres pour se sentir utiles. Une crise d’identité se reflète sur les murs de la face B. Pour s’y épanouir il faut avoir un côté nombriliste et exhibitionniste, ou du moins vivre dans sa « bulle » avec un repliement sur soi-même dont on peut se demander à juste titre, s’il n’y a pas derrière cela une dépression dissimulée.

Les gens racontent leur vie, montrent des photos de famille, et voient les réactions que cela suscite dans une attente émotionnelle dont on peut se demander le niveau de maturité. Avec 3000 contacts sur internet, on peut compter 3 bonnes rencontres amicales « hors virtuel », ce qui est très peu. Mais il y a aussi plein de gens perdus, avec des défaillances psychologiques qui se baladent sur le navire. Au milieu des fausses opinions, il y a beaucoup de démagogie, énormément de superficiel, peu de conversations approfondies, des charlatans de la manipulation spirituelle et/ou affective, mais aussi du harcèlement, des menaces, des chantages, de la jalousie despotique, du pousse-au-suicide, et des règlements de compte… La face A de la face B, c’est aussi cela…

Les gens s’autocensurent sur la face B. Plus ils s’y retrouvent avec de nombreuses connaissances, et plus ils iront dans le sens du courant général. Que vont penser mes collègues de travail ? Ma famille ? Mes amis ? Non là je ne peux pas dire ce que je pense, ni même cliquer que j’aime… Il n’y a même pas de bouton pour dire « je n’aime pas », afin de marquer mon opposition.

La face B est la plaque tournante de l’anonymat, et votre compte disparaît pour un oui pour un non, de manière quasi anonyme, car vous êtes un pion dans la centrale, et les ordinateurs du site ont juste à vous éliminer en un clic. Y compris lorsque vous essayez de passer des vidéos censurés sur la face B par Big Brother « qui ne le sont pas ailleurs, ni sur Youtube ni sur Dailymotion », mais qui ont un impact politique au sein du journalisme. Big Brother sait récupérer le militantisme à ses avantages, en disant : « vous avez un mur pour vous exprimer, écrivez » puis en disant « au nom du bien-être des autres je vous censure, je vous accuse sans preuve nécessaire, je vous vire ». En paradoxe, il aura collecté au préalable toutes les informations nécessaires, noté votre IP qui indique votre région, ce qui sera utile par la suite, car les informations se revendront à bon prix le jour où la face B en aura besoin.

La régie ordonne, sévit, indique par notification l’interdit d’importuner les gens. Elle donne des sanctions pour avoir invité trop de personnes, tout en suscitant l’envie de lancer des invitations. Le navire de la face B, c’est aussi un livre de visages, avec le nouveau journal très bien étudié pour garder le client avec ses listes de préférences, tout en dressant un magnifique fichage (dont vous pouvez réclamer le contenu). Certains ont même jugé utile d’aider la face B dans ses listings, en ne présentant que leurs auteurs préférés. Évidement, ils n’ont pas voulu de moi.

Les gens se servent de la face B pour exprimer ce à quoi ils se raccrochent dans leur vie, plutôt que d’aller voir leur vie en face. On s’y nettoie le nombril toute l’année, et l’on perd beaucoup d’années. Deux heures par jour en moyenne sur l’ordinateur, c’est déjà cinq ans de notre vie. Car même si cet outil permet d’utiliser le système, pour apporter un grain du sel de la vie, la dominance influente sur les jeunes est significative d’un phénomène « d’enfermement mental » qui mène à une sorte « d’aliénation ».

On n’apprend pas à vivre, voûté sur un ordinateur. Les émotions et la communication sont bloquées par une sorte de « non-action ». Un humain n’apprend pas à être avec lui-même et les autres dans le virtuel. J’incite tout le monde à prendre contact sur les supports internet, pour faire des choses hors virtuel, dans la vie. Un concert, un atelier créatif, des réunions-débats, des actions pour aider les sans-logements, défendre dans la réalité les causes que vous revendiquez, etc. Lorsqu’il s’agit de se faire une prise de conscience et des vrais dialogues sur internet, c’est positif. Cependant, si tout s’arrête uniquement là, et qu’il n’en suit pas des actes non virtuels, c’est un peu comme un enfant qui apprend à marcher en regardant les autres, tout en restant dans son siège.

L’humain s’est toujours adapté à tout, et il a bien souvent défendu ses tortionnaires en espérant gagner quelques miettes pour son sandwich, son soda. Il en est de même avec les lieux de rencontre sociale sur internet. Ce sont de très bons outils pour garder les gens inactifs chez eux, qui, pendant qu’ils courent fatigués après leurs rêves, n’agissent pas dans la vie, et engraissent les publicitaires. La face B nourrit les frustrations, « Oui et alors ! Et pourquoi pas ? » me direz-vous. A cela je répondrai que malgré les frustrations sous-alimentées, la dépression latente ne peut pas se contrôler toute la vie.

Pour éviter la claque de la face B avec la phase de la dépression, il est préférable de vivre la vie en sortant du virtuel.

Something Somewhere Went Terribly Wrong

Quelque chose, quelque part... a sérieusement déconné.

Article écrit avec la participation de Wasabi.

http://www.gsara.tv/facebook/

http://www.facebook-danger.com/

La Face A de la Face B

La Face A de la Face B

Deuil Facebook

La claque de la Face B

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6 Réactions à
“La claque de la Face B”

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  1. mori dit :

    J’ai une question.
    Quelles sont (ou quel est) les points bénéfiques de faceb. ?
    En fait, c’est un produit que nous consommons, comme on boit un co-k ou mange du poulet en barquette, non ? Et, nous constaterons les conséquences dans quelques années.
    J’ai vraiment l’impression que, en effet, c’est générateur de déprime. L’illusion qu’on s’amuse, qu’on a pleins d’amis, qu’on est important et drôle. Et sans doute, on l’est. Mais, à travers un écran de fumée. Ça se consomme, ça nous consumme et de plus en plus con nous devenons. Oups, pardon. J’ai un compte comme les autres. En revenant de voyage il y a 4 ans, j’ai ouvert un compte pour rester en contact avec les supers gens que j’avais rencontré sur la route. Voilà peut-être un point bénéfique ! Le truc, c’est que ça me donnait seulement l’impression que j’étais toujours en voyage alors que j’étais derrière cet écran, que j’y suis toujours et que je ne suis pas reparti sur la route. J’ai fermé ce compte depuis longtemps déjà ! Mais, il n’y a pas que faceb. sur la toile….
    Merci à toi Aurélia.
    See you en chair et en os.

    • A.Dreulma dit :

      Face B est un outil qui pourrait bien être utilisé, mais cela dépend de ce que l’on en fait. C’est pratique d’un côté pour le travail avec les prises de contacts rapides comme un gros annuaire ou minitel, même si ce n’est pas indispensable car les mails et les sites le remplacent. Cela peut permettre aussi de présenter son travail. Aussi il y est possible de faire passer des messages hors contrôle. Mais le problème le plus souvent fréquemment rencontré est que l’humain n’est pas habitué à gérer la maintenance psychologique de ce dont il s’imprègne inconsciemment, et il croit contrôler des choses qu’il ne maîtrise presque pas. Personnellement je me suis faite censuré de nombreuses fois, (j’ai eu presque 10 comptes) par des individus qui n’apprécient pas les écrits humanistes et qui s’amusent à se faire remarquer et/ou qui servent des groupuscules politiques ; mais je me suis aussi faite censurer par Facebook qui pénalise certains propos et certaines vidéos que l’on retrouve ailleurs. Donc, fausse liberté en bien des points…

      Avant d’écrire cet article j’avais demandé aux lecteurs, de me donner leurs opinions sur Facebook. Voici ci-dessous les remarques que j’ai relevé. Merci à toi Mori d’avoir réagis et souligné des aspects importants, tel que le fait de « voyager derrière un écran ». Ton positionnement est bien intéressant. A bientôt hors virtuel, dans la vie active et créatrice de nos campagnes. Bien à toi amie.

      Lowlow : – « J’avoue…je l’ai deja fais et sur myspace et chaque fois que je me connecte que je vois comment ça roupille pour la plupart
      j’ai envie d’envoyer tout ça aux oubliettes…J’essaie de faire avec mon epoque mais des fois c’est too much,la tv,les consoles, les reseaux sociaux ou tout le monde se mele de la vie de chacun mais rarement pour faire que cela change en mieux, l’entraide est rare… Personne en a rien a foutre de rien sauf de sa page,de son monde. C’est bien la peine de se crever le cul a faire tourner des infos interressantes ou faire de l’esprit c’est comme si je pissais en l’air. Et moi je reve de ma grotte de milarepa,de ma cabane dans la nature loin des facebook des googles des yahoos de la toile qui te tord le cou (dixit rockin squat) La france le pays des morts vivants!…Pays de faf, pays ou l’ignorance reigne et ou la compassion et l’altruisme sont peu de mise… pays d’hypocrites. »

      x : – « Oui des fois c’est une drogue. Oui fb est aussi ce que nous en faisons. Oui FB est aussi une banque de données d’informations. En somme, chaque photo, statut, lien… que vous avez posté sur Facebook et que la firme a conservé doit légalement vous être transmis sur CD.
      Il suffit que vous en fassiez la demande à ce lien : https://www.facebook.com/help/contact.php?show_form=data_requests
      L’un des dossiers contenait pas moins de 880 pages (le PDF est ici).
      On comprend facilement pourquoi lorsque l’on sait ce qu’il contient : toutes les demandes d’amis (dont celles rejetées),
      tous les périphériques d’où vous vous êtes connecté, les pokes, les historiques, les évènements
      (dont ceux auxquels vous n’avez ni répondu, ni participé), vos données personnelles .
      Source et suite: 20Minutes.fr  »

      x : – « Toujours utiliser avec des Pincettes ( Babylone Controle ) »

      x : – « Le Monopoly du Social Network mais je pense que si ils continus ce genre de puissance a la « personne ne me fait peur »
      il devraient etre puni comme l’a etait Microsoft dans le passer. »

      x : – « FB a détruit ma vie ».

      x : – « perso trouve fb inquisiteur et j’aime pas la nouvelle présentation. Moi qui prone l’anarchie,
      ses colonnes ne me sont pas ouvertes car fb a besoin de moutons et pas de loup.
      Si cela perdure me casse. Perso aussi fb fait la place aux benets, fb est l’obeissance moi suis libertaire,
      les uns bavent leurs conneries, les autres ne peuvent dire la verite.

      Et qu’en pense Mr. Albert Eisntein?

  2. Michel Vaillant des cavernes dit :

    Facebook, c’est l’aboutissement, la concrétisation technique ET sociale, du « MINITEL 2.0″. c’est à dire que tout passe par un noeud central, un système propriétaire exclusif. Tout, j’entends par là bien des considérations techniques, mais surtout, la vie sociale! Et ça, c’est une aberration, semblable à une grosse verrue sur le front. C’est la non-évolution criarde de l’internet. Facebook offre une plateforme de voyeurisme patenté et déculpabilisant, et en faisant un outil de relation et communication professionnelle quasi incontournable pour certaines professions. Exactement la concrétisation rampante et vicieuse de la liberté liberticide.

    Alors que, comme tu le dis Aurelia, internet et surtout facebook pourrait être de fantastiques outils relationnels et organisationnels, au lieu de ça il nous sert d’espace masturbatoire.

    Une bonne et courte description intelligible du minitel 2.0:
    http://www.360emedia.fr/2010/04/22/au-fait-cest-quoi-le-minitel-2-0/

    L’homme Benjamin Bayard et sa conférence à l’origine du constat et de l’appellation « minitel 2.0″:
    http://video.google.com/videoplay?docid=169589780372642064

    Des fois que la conf originale disparaisse avec video.google… (maintenant qu’ils ont aussi youtube…), en voilà une autre: http://www.dailymotion.com/video/x3opqf_frnog-11-benjamin-bayart-minitel-2_tech

    Et si jamais: http://www.fdn.fr/internet-libre-ou-minitel-2.html

    • A.Dreulma dit :

      Tu résumes assez clairement les choses, et appuis sur le bouton du minitel 2.0. Voilà de quoi réfléchir… Merci Michel pour toutes ces infos si bien assorties!

  3. lotusflow3r dit :

    Il y a beaucoup de vrai dans ce texte mais je suis toujours un peu gêné d’opposer si fermement le réel au virtuel. Pour moi tout est partie du réel, ce qui se passe sur la toile au même titre que le reste, c’est juste une corde de plus à l’arc du réel individuel. Ce qui est dit dans ce passage pourrait être appliqué mot pour mot à la « vraie vie », je trouve : « Mais il y a aussi plein de gens perdus, avec des défaillances psychologiques qui se baladent sur le navire. Au milieu des fausses opinions, il y a beaucoup de démagogie, énormément de superficiel, peu de conversations approfondies, des charlatans de la manipulation spirituelle et/ou affective, mais aussi du harcèlement, des menaces, des chantages, de la jalousie despotique, du pousse-au-suicide, et des règlements de compte… ».

    • A.Dreulma dit :

      Je suis d’accord, il y a beaucoup de vrai dans ce que tu dis, merci Lotusflow3r.
      Ceci dit, par rapport à facebook, je constate un formatage inverse qui influe sur le réel individuel.
      Entre la présentation, les fonctions, la réduction des contenus et au final, de la communication… il y a là une stratégie intégré à un concept politique réducteur dont les enjeux financiers tirent les ficelles. L’impact sur le réel individuel (et son fichage systématique) est donc complètement volontaire.

      Tu trouveras dans cet article, ma situation politique Quand les écrivains suivent l’humeur politique.

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