Depuis quand j’ai besoin d’acheter pour devenir un être spirituel ? Depuis quand, si j’ai des objets, je suis mieux protégé ? Je croyais que l’on est moins vigilant à ses actes et à ses choix, lorsque l’on se croit protégé… En plus, il paraît que mon entourage est porteur de telles souffrances que je dois me protéger. Mais je ne comprends pas, mon entourage, c’est ma famille.
Mon mari, mes enfants, et mes sœurs et frères les humains sont aussi ma famille. Depuis quand je dois me protéger de ma famille ?
Dieu, Allah, Bouddha, Jéhovah, Jah, bref, ce Dieu aux cent noms, il a donné à chacun des frères et des sœurs, une seule et unique famille, car ils sont tous nés en Afrique et ont émigré de par le monde, adaptant leur peau et leurs croyances au fil de l’histoire de l’humanité. Pourquoi aurais-je besoin de me protéger ? Pourquoi diviser la famille qui représente l’unité ? … Pour mieux régner ?
Qui veux régner ? Les vendeurs de spiritualité ?
On m’a conseillé de suivre des cours de spiritualité, et si je fais des complexes d’infériorité, peut-être que je sortirai le chéquier afin de m’offrir quelques mérites, le mérite d’être moins bête, et celui d’exister parmi des gens qui ont l’air de savoir quelque chose de plus que moi. Cela n’a rien à voir avec l’instruction scolaire, cela a un rapport direct avec mon cœur qui souffre.
Alors j’ai été voir de quoi il s’agissait, mais à ma grande surprise, j’ai vu des gens plus instruits que moi, des médecins, des avocats, des banquiers, qui croyaient à des contes pour enfants. Rien à voir avec le petit Kirikou* qui en sait beaucoup plus que ces gens-là…
Oui on peut couper le verbe en quatre, on peut aussi dire que l’on a tous un enfant intérieur, mais là quand même, l’enfant intérieur ne s’achète pas, et je n’ai pas besoin de payer pour apprendre qu’il existe. On a un cœur, il suffit de l’écouter. Dire qu’il faut payer pour apprendre que l’amour est en nous !
Mais je n’ai jamais eu besoin de payer pour savoir que j’aime mes enfants… Je préfère encore payer un psychologue pour apprendre à dire à mes enfants que je les aime. Là, je reconnais que j’ai un effort à faire… Hem, il est vrai que j’ai tendance à dénigrer en eux, ce que je dénigre en moi. Mais j’ai eu une vie difficile, et ils ne le comprennent pas ; ils ne voient pas que leur vie à eux est immature et facile, car moi, moi je n’ai pas eu le choix.
Alors j’ai donc été voir un psychologue qui m’a fait grand bien ! J’ai appris que mes préjugés sur mes enfants étaient mes propres projections personnelles, et qu’au lieu de leur parler à eux, je leur parlais sans relâche de moi. Leur souffrance je la rejetais, car elle me procurait une vive douleur où je ne voyais plus la limite, entre eux et moi.
Entre eux et moi il y a un espace que je ne respectais pas. Je croyais avoir un droit de regard sur eux et sur leur vie, et qu’ils seraient toujours mes « petits ». Je cherchais des réponses à mes conflits avec eux, et je ne voyais pas tout ce que je leur reprochais, et que c’était à moi-même que je le reprochais.
Mais je n’aurais jamais trouvé cela avec des cours de spiritualité : apprendre à sentir et écouter en soi ce qu’il se passe et nos difficultés, plutôt que de tout intellectualiser avec des théories spirituelles.
Les cours de spiritualité aux sources non fondées qui se font sur une réputation et du relationnel, avec des « ah mais si, tu verras, c’est très bien car c’est une personne très connue qui le recommande », et qui, même s’ils sont bien, ont des propos qui se gobent tout cru au premier degré. Sans le recul qui permet une analyse par la distinction, c’est une voie ouverte au besoin de se sentir exister dans une surconsommation de ce qui est beau, et joli, de ce qui fait rêver, sans accepter de regarder ce qui ne va pas en nous. D’apprendre à aimer ce qui ne va pas en nous, et d’y apporter de la compréhension, de l’empathie, du discernement, de la résilience.
On se masque la réalité avec de la poudre aux yeux, et l’on refuse l’imperfection, l’impermanence, car cela nous permet de nous réfugier dans un décor statique, par sa matérialité superficielle qui inhibe nos émotions. On croit que l’on médite sur le merveilleux, en oubliant d’oser regarder ce que nous faisons de périlleux. Que faisons nous de périlleux ?
Nous parlons sans conscience et en utilisant des phrases qui véhiculent une certaine violence. Par exemple lorsque je dis à mes enfants qu’ils sont « mous, lents, lymphatiques, etc. » A ce moment-là je ne suis pas dans la spiritualité, mais dans une forme de jugement qui est le produit de mes peurs, et je m’étonne que mes enfants se contorsionnent de mots et maux, et je le leur reproche encore x fois.
Pendant ce temps là, je n’écoute pas ce que me dit mon corps qui m’alerte sur ma dualité intérieure dans mes contradictions avec moi-même et avec mes enfants. Je suis dans le jugement envers moi, envers les autres, car j’ai peur : « d’être ».
Je me sur-active ou me ralentis, suivant les individus, pour fuir ce qui me semble néfaste à mon équilibre. Je me trouve pour béquille, pour tenir face à la vie, une sorte de suractivité, ou alors à l’opposé, le ralenti, mais cela vient du même clivage, afin de ne pas voir ce dont j’ai besoin.
Je ne sais pas parler avec moi-même, ni m’écouter, et à partir de cela, je juge tous ceux qui le savent, mais aussi, tous ceux qui ne le savent pas, car l’un comme l’autre, ils me renvoient à cette sensation d’échec avec moi-même. Tout cela me pèse, c’est lourd, et cela a deux conséquences : « être sur les nerfs, ou être sous la couette ». Je ne sais pas écouter mes besoins, et ce n’est pas aux autres de le savoir pour moi. Alors, quels sont mes besoins relationnels ?
La réponse ne s’achète pas.
Lorsque dans les cours de spiritualité on parle de lâcher-prise, la plupart des auditeurs sont en quête de rêves, d’espoirs, d’atteindre et d’accéder à un monde merveilleux, avec un certain « puritanisme hypocrite » où l’homme et la femme aspirent à être des êtres parfaits, à l’image qu’ils ont de la perfection. Une perfection qui est donc déformée de la nature même de l’humain, car elle comporte une image culturelle de l’environnement dans lequel ils ont grandi, avec des sortes de « conventions sur la perfection ».
Il est donc aisé, suivant le public auquel on s’adresse, de tirer les ficelles comme pour des pantins, pour les amener dans le sens que l’on souhaite, en utilisant leurs modes de « conventions » ethnologiques psycho-sociales, pour obtenir leur approbation à tout ce qui est dit et demandé. Dans ces cours de spiritualité, l’objectif n’est pas d’aider la personne à penser par elle-même, mais que la personne pense par la doctrine.
De plus, sont souvent utilisés des objets dont le commerce est assez rentable, et des guides « spirituels » :
L’objet devient celui qui rassure par ce qu’il représente de « spirituel », il devient aussi une partie de la personne, et dans cet objet la personne y dépose ses besoins affectifs. On peut faire le parallèle entre les besoins qu’a un enfant avec son « doudou », et les besoins que projette un adulte dans sa relation à son objet, qui est par exemple : « un grigri, un collier en perles d’ambre ou de pierre d’œil de tigre pour se protéger, etc. »
Les guides sont des soi-disant « êtres bienfaisants de l’au-delà » qui transmettent des messages par diverses formes dont la télépathie, l’écriture, etc. Mais en aucun cas nous pouvons vérifier si le message est « vrai ou faux », ni si ce sont bien des « êtres spirituels de l’au-delà » qui nous parlent.
Ces êtres « divins » apparaissent sous plusieurs images, il en existe des centaines, telles que par exemple : « la vierge Marie, les archanges, des anges, des déités, des fées, des elfes, des Bouddhas, des prophètes de toutes les religions, etc. »
Aussi, parmi les aventures avec la spiritualité « hall de gare », on m’a supposé que mon cœur avait la porte fermée, et que je devais travailler mes chakras. On m’a sorti un magnifique pamphlet de citations, et j’ai bien vu qu’ils les ont toutes apprises par cœur. Sur le coup, je me suis senti un peu diminué, avec la possibilité de monter sur la pointe des pieds pour prendre un centimètre en grade, en apprenant à mon tour par cœur les citations.
Mais cela m’a donné une sensation de mesquinerie. Puis de prodiguer du bonheur aux autres, et de pouvoir avoir un pouvoir en dispensant des paroles, car ainsi je me sentirais exister. Hum, les citations, c’est quand même important, alors j’ai décidé d’en garder quelques unes en les apprenant non pas par cœur, mais : par le cœur. J’ai ainsi ouvert la porte, absorbé l’information, et j’ai écouté la digestion…
J’ai eu des moments difficiles, car l’information avait un parfum de piment… Cela me brûlait si fort. Cela faisait écho à tellement de choses de ma vie, dont des choses que j’avais oubliées, des choses que je n’avais pas envie d’entendre et qui me mettaient mal à l’aise, car je ne les comprenais pas.
Ainsi je doutais de moi, entre mon cœur et mon piment. Puis un homme m’a dit que j’allais aimer la saveur du piment, à mon grand étonnement. Il avait raison, car lorsque j’ai eu touché le fond de mon amertume avec le piment, l’acidité me fit sortir de mon flegme, et j’ai enfin entendu que j’avais besoin de douceur. Lorsque j’ai trouvé la douceur dans le piment, je devins une adepte du piment.
Alors là, les chakras… Cela m’est apparu bien de savoir qu’ils existent, mais aussi que c’est une science très érudite que peu de personnes savent manier. Plutôt que de jouer à l’apprenti-sorcier, j’ai pris rendez-vous avec un acupuncteur dont j’ai vérifié le curriculum vitae, la formation quoi, pour être certain qu’il n’avait pas gagné son diplôme dans un baril de lessive pour une publicité mensongère.
Oui j’ai eu des résultats extraordinaires, mais cet acupuncteur a dix ans d’études, et des diplômes réels. Ce n’est pas un généraliste qui a fait la moitié du cursus… Ni un hurluberlu qui m’a donné la berlue !
La concurrence spirituelle existe, il y a une forte demande, même une demande de choses qui ne sont pas spirituelles. C’est la spiritualité de supermarché. Par exemple : « le retour d’affection ».
Il manque une éthique, une charte… Ainsi des vendeurs et des sectes se développent, et l’on peut même trouver sur internet comment jouer au grand « manie - tout ».
Les présidents sont les premiers à faire appel à ces techniques. C’est peut-être pour cela qu’il n’existe pas de charte, ni de limites aux tarifs des prestations, et aux prix des ventes… Il y a là mille questions qui ont le droit d’exister. Et l’Europe est le plus grand consommateur de neuroleptiques, ce qui donne encore envie de se poser maintes questions.
Il y a là des liens, oui, comme le fait que dans une société de grande consommation, le plus grand mal est : « le mal de vivre ». Et ce mal de vivre est devenu un excellent produit pour les commerces qui offrent une fausse qualité à leurs services et objets de vente.
Les sectes n’utilisent pas uniquement des doctrines qui séquestrent les gens physiquement. Les sectes ont aussi des doctrines qui séquestrent mentalement les individus. On peut vivre en communauté non physique, mais par le biais d’internet, et dans l’enfermement psychologique par le despotisme d’une doctrine.
On peut côtoyer des personnes qui sont reliées à des sectes, et ne pas avoir le recul nécessaire pour en décrypter les influences dans leur langage. Souvent ces personnes se présentent sous la forme de « sauveurs », « d’érudits », et l’on peut remarquer qu’elles se montrent toujours avec un certain dégagement « au-dessus de tout » (comme si rien ne les atteint).
Ce sont des personnes relativement narcissiques, qui donnent peu en faisant croire qu’elles donnent beaucoup, mais si l’on regarde bien, ces personnes ne s’investissent ni ne donnent jamais complètement, et elles s’arrangent toujours pour ne pas avoir tort, ni être là quand la question se pose. Ces personnes sont là lorsque l’on se sent au plus bas de sa forme, mais elles déguerpissent dès que l’on retrouve ses capacités à penser par soi-même.
Si la personne se met à penser par elle-même, elle se retrouve rapidement accusée et culpabilisée d’être toujours contrariante. Si il y a de la rébellion dans l’air, avec l’envie de défendre ses opinions, cette personne qui s’habille du vêtement du sauveur pacifiste, accuse l’autre d’être dans l’agressivité. Cette personne trouve toujours un intérêt à son manège, qu’il soit financier, ou pour accroître son nombre d’adhérents à sa doctrine, ou pour satisfaire son appétit sexuel, ou pour se valoriser, etc.
La secte Mandarom située en France, fut un magnifique exemple de manipulations psychologiques. Lorsque l’on observe simplement et sans rien attendre, sur quoi se basent ses croyances, avec une histoire que je résume ici, car elle est assez comique et triste à la fois.
Avec la secte Mandarom on entend parler des minéraux qui aspirent « spirituellement » à accéder au niveau supérieur, et donc à devenir des végétaux, puis des végétaux désireux de devenir des animaux, puis des animaux se concentrant de toutes leurs forces d’aspiration spirituelle pour devenir des humains…
La petite histoire continue avec un ordre hiérarchique qui présente les premières incarnations d’humains comme des « paysans primaires, des « premiers nés » encore imprégnés de leur nature animale antérieure »… L’homme qui narrait la petite histoire, finit par dire qu’ainsi, lui, était devenu le « chevalier d’or, l’homme le plus élevé des hommes », selon la doctrine Mandarom, il va de soi.
Le problème, c’est qu’à cette conférence qui se déroulait en Bretagne dans le début des années 90, il y avait des gens très instruits de par leur profession, et qui voulaient croire à ce genre de chose. De ce fait, les moins instruits ne voyaient aucune raison de contredire l’animateur de cette conférence.
La personne qui me donna son témoignage était dans une colère monumentale après cette conférence, d’autant plus que parmi ces gens, se trouvaient des médecins généralistes, acupuncteurs, banquiers, militaires etc, prêts à financer la secte Mandarom, et à réciter les prières apprises dans cette secte. Pour certains, allant même jusqu’à travailler sur leurs patients en énergie et sans tenir ceux-ci informés.
Comme quoi, il est indispensable de penser par soi-même, et de ne pas se fier aux « appâts – rances ». S’approprier sa vie ne signifie pas projeter ses désirs, mais construire concrètement ce à quoi on aspire. Trouver la juste valeur de soi, déjà par le simple fait d’être vivant. Être fier de soi en étant en accord et en harmonie avec ce que l’on fait et ce que l’on dit.
Toujours avec des « je », j’écris, raconte, la vie des gens en conservant leur anonymat, en essayant de joindre à leurs expériences des messages d’espoir. Car ainsi, le lecteur se sent mieux concerné, cela l’interpelle et lui apporte des suggestions de questionnements. Parce que dans la vie, il y a toujours le droit de s’aimer et de se poser des questions, et, là où la communication est difficile, il y a toujours trois participants : « le sauveur, la victime, le bourreau ».
Il est possible de sortir de ces schémas en acceptant de sortir de ce tandem qui n’a aucune issue tant que l’on reste dedans. En psychologie on peut faire un travail sur soi-même avec des professionnels compétents, et s’ils ne sont pas satisfaisants il faut en changer jusqu’à trouver la bonne personne, celle avec qui on est respecté dans un échange vivant.
Mes écrits ont la volonté d’un message précis pour les lecteurs : « penser par soi-même et être décideur de sa vie, en prenant confiance en soi et en la vie ». Pour se faire du bien, c’est bien de prendre soin de soi, et d’écouter ses besoins, sans courir après des mirages, car être vivant est déjà une chose merveilleuse.
Regarder la vie, partout, et l’aimer, prodigue du bonheur et de la souffrance, mais n’empêche personne d’être le maître de sa vie, et de lire le plus beau livre de spiritualité qui se situe en son cœur. Écouter, soi, les autres, en prenant le temps… Écoute… Mots et gestes, regards, et silences, bruits intérieurs, sons et échos…
S’aimer, aimer, dans les actes… Dans les actes… Pour de vrai… Amour Gratis !

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